Le traitement fiscal des intérêts perçus sur les livrets d’épargne, et notamment le Livret Bourso, soulève chaque année de nombreuses questions auprès des épargnants. Dans un contexte où les taux d’intérêts remontent depuis 2023 ainsi que le dispositif fiscal, il est essentiel d’y voir clair pour éviter les erreurs dans la déclaration fiscale tout en maîtrisant son imposition. Entre exonérations spécifiques, prélèvement forfaitaire unique et options d’imposition au barème, le paysage fiscal lié aux revenus de placement issus des livrets bancaires ne cesse d’évoluer, imposant une vigilance accrue pour la déclaration d’intérêts aux impôts en 2026.
Lors de la déclaration des revenus, il convient de distinguer les différents types de livrets et comptes rémunérés, leurs spécificités fiscales, ainsi que les modalités concrètes de déclaration. Cet article précise les cas où il faut déclarer les intérêts issus du Livret Bourso, les règles d’imposition associées, les démarches concrètes pour la déclaration et les options qui s’offrent aux contribuables pour réduire leur charge fiscale. Des exemples illustratifs permettront de mieux cerner les enjeux d’une correcte déclaration d’intérêts et d’une gestion optimale de la fiscalité de ces revenus.
En bref :
- Les intérêts du Livret Bourso sont soumis à déclaration fiscale s’ils ne correspondent pas à un livret d’épargne réglementée exonéré (Livret A, LDDS, LEP, etc.).
- Depuis 2018, ils sont imposés par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 12,8% de taux d’imposition, + 18,6% de prélèvements sociaux depuis 2026, soit un taux global de 31,4%.
- La déclaration des intérêts intervient dans les cases spécifiques 2TR, 2BH, 2CK et 2OP dans le formulaire fiscal, avec possibilité d’opter pour une imposition au barème progressif de l’impôt.
- Une dispense partielle de prélèvement forfaitaire peut être sollicitée en fonction du revenu fiscal de référence du foyer pour alléger l’acompte prélevé à la source.
- Les livrets exonérés d’impôts ne nécessitent pas de déclaration, mais il faut bien vérifier le type de livret pour éviter tout risque de redressement fiscal.
Quelles sont les obligations de déclaration fiscale liées aux intérêts du Livret Bourso?
Le Livret Bourso, similaire aux livrets bancaires fiscalisés, génère des intérêts qui figurent parmi les revenus de placement concernés par la déclaration fiscale annuelle. En effet, contrairement aux livrets d’épargne réglementée comme le Livret A ou le LDDS qui bénéficient d’une exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, le Livret Bourso entre dans la catégorie des livrets imposables. Il est obligatoire pour le titulaire de déclarer ces revenus bancaires auprès de l’administration fiscale à chaque session annuelle de déclaration, correspondant généralement aux intérêts perçus l’année précédente.
La déclaration d’intérêts prend place dans la déclaration de revenus, accessible en ligne ou sur formulaire papier (notamment les formulaires 2042 ou 2042 K). Les principaux revenus issus du Livret Bourso sont à reporter en case 2TR dite des « revenus de placement à revenu fixe ». Ces intérêts correspondent aux montants bruts, avant toute retenue fiscale ou sociale. Il est essentiel de consulter l’Imprimé Fiscal Unique (IFU) fourni par la banque en début d’année, qui récapitule clairement les montants à déclarer.
Les banques, dont BoursoBank qui propose le Livret Bourso, prélèvent à la source un acompte appelé prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) de 12,8% sur les intérêts perçus. Il s’accompagne des prélèvements sociaux de 18,6% (depuis le 1er janvier 2026). Toutefois, ces prélèvements ne dispensent pas de la déclaration complète des revenus auprès des impôts. Leur déclaration permet notamment d’éviter une double imposition en justifiant du prélèvement déjà effectué.
À noter, il est possible d’opter pour une déclaration simplifiée, notamment lorsque les montants sont déjà préremplis par l’administration grâce aux informations transmises par les banques. Cependant, il est conseillé d’effectuer une vérification minutieuse afin de corriger toute éventuelle erreur, car un oubli ou une déclaration erronée peut engendrer des pénalités fiscales.
Enfin, les titulaires d’un Livret Bourso dont le revenu fiscal de référence est inférieur à certains plafonds peuvent demander une dispense partielle du prélèvement fiscal à la source, ce qui allège l’avance d’impôt. Cette démarche nécessite toutefois un dépôt d’attestation auprès de la banque chaque année avant fin novembre.

Comprendre le système d’imposition des intérêts bancaires : PFU vs barème progressif
La fiscalité applicable aux intérêts du Livret Bourso repose principalement sur le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé flat tax, instauré en 2018. Ce dispositif permet d’imposer ces revenus à un taux fixe de 12,8%, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux désormais portés à 18,6% depuis le début de l’année 2026. Ainsi, le taux global d’imposition sur les intérêts s’élève désormais à 31,4 %.
Cette flat tax s’applique par défaut et est prélevée à la source par la banque lors du versement des intérêts. Elle est dite « non libératoire » lorsque le contribuable décide d’opter pour une imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu, ce qui peut s’avérer avantageux en fonction de sa tranche marginale d’imposition (TMI).
Options pour l’imposition des intérêts et leur impact
Le contribuable a la possibilité d’opter pour une imposition au barème progressif de l’impôt dans sa déclaration fiscale annuelle. Cette option permet d’intégrer les intérêts perçus aux autres revenus imposables et de bénéficier, le cas échéant, d’une tranche d’imposition plus faible ou même d’une exonération totale selon le seuil des abattements et des tranches.
Il faut toutefois garder à l’esprit que cette option est globale, c’est-à-dire qu’elle concerne l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers tels que les dividendes, les plus-values mobilières et les intérêts. Elle doit être réalisée via la case 2OP dans la déclaration de revenus. Le report des intérêts se fait en case 2TR, tandis que les prélèvements sociaux déjà versés se déclarent en case 2BH pour écarter toute double imposition.
Voici un aperçu comparatif des taux globaux d’imposition pour différents profils de revenus, déjà actualisé selon les règles fiscales de 2026 :
| Tranche de revenu par part fiscale | Taux marginal d’imposition (TMI) | Taux de cotisations sociales | Taux global avec PFU | Taux global avec option au barème |
|---|---|---|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0% | 18,6% | 31,4% | 18,6% |
| 11 601 € – 29 579 € | 11% | 18,6% | 31,4% | 29,6% |
| 29 580 € – 84 577 € | 30% | 18,6% | 31,4% | 48,6% |
| 84 578 € – 181 917 € | 41% | 18,6% | 31,4% | 59,6% |
| Plus de 181 917 € | 45% | 18,6% | 31,4% | 63,6% |
Ce tableau illustre clairement que l’option pour le barème progressif n’est avantageuse que pour les contribuables soumis aux tranches basses, voire non-imposables. Pour les autres, le PFU demeure la solution la plus favorable fiscalement. Ce choix doit donc être étudié avec soin en fonction de la situation personnelle du foyer fiscal.
Pour approfondir la compréhension des stratégies fiscales adaptées à 2026, ce guide sur l’optimisation fiscale peut s’avérer utile.
Quels livrets d’épargne sont exonérés de déclaration d’intérêts et lesquels sont imposables?
La diversité des livrets d’épargne disponibles en France s’accompagne d’une fiscalité propre qui diffère grandement d’un produit à un autre, impactant directement la nécessité de déclarer ou non les intérêts perçus. Concernant le Livret Bourso, ce dernier est classé parmi les livrets bancaires fiscalisés, donc imposables, ce qui l’illustre comme un produit distinct des traditionnels livrets réglementés.
Les livrets exonérés d’impôt regroupent notamment :
- Le Livret A
- Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS)
- Le Livret d’Épargne Populaire (LEP)
- Le Livret Jeune
- Le Livret d’Épargne Entreprise (LEE), sous certaines conditions
Ces livrets ne nécessitent aucune déclaration fiscale des intérêts perçus, car ils sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Cette exonération vise à encourager l’épargne populaire et accessible à tous.
Les livrets imposables incluent :
- Les comptes sur livrets bancaires comme le Livret Bourso
- Les comptes à terme (CAT) et dépôts à terme (DAT)
- Les Plans d’Épargne Logement (PEL) ouverts après le 1er janvier 2018, ou de plus de 12 ans ouverts avant cette date
- Les Comptes Épargne Logement (CEL) ouverts depuis le 1er janvier 2018
La fiscalité applicable à ces livrets impose non seulement une déclaration annuelle d’intérêts, mais également un prélèvement forfaitaire à la source. Dans certains cas, comme le PEL, la déclaration s’impose même si aucun prélèvement n’a été effectué lors de l’année considérée car la fiscalité s’active à partir d’un certain âge de plan.
Pour les épargnants disposant d’autres types de placements ou projets immobiliers associés, il peut être intéressant de se tenir informé des évolutions législatives sur la copropriété ou les dispositifs de défiscalisation. Par exemple, un aperçu de la nouvelle loi copropriété 2024 ou les stratégies pour réduire ses impôts en 2025 via le Plan Épargne Retraite (défiscalisation PER) peuvent s’avérer complémentaires.
Le processus concret pour déclarer les intérêts du Livret Bourso aux impôts
La déclaration des intérêts perçus sur un Livret Bourso se fait annuellement au moment de la déclaration des revenus. Elle s’inscrit dans les étapes suivantes :
- Rassembler les documents justificatifs : l’Imprimé Fiscal Unique (IFU) envoyé par BoursoBank ou par un autre établissement bancaire mentionne les intérêts bruts et le montant des prélèvements déjà effectués.
- Se connecter à son espace en ligne sur impots.gouv.fr : c’est le canal privilégié pour compléter ou vérifier la déclaration. Ce service inclut en général un préremplissage des cases concernées.
- Identifier et reporter correctement les montants dans les cases dédiées : la case 2TR (intérêts bruts), la case 2BH (montants déjà soumis aux prélèvements sociaux avec possibilité de déduction de CSG dans le cas d’option barème), la case 2CK (prélèvement forfaitaire non libératoire), et éventuellement la case 2OP pour opter au barème progressif.
- Valider et déposer la déclaration dans le cadre légal respecté pour éviter tout problème ultérieur avec l’administration fiscale.
Cette méthode comprend une étape essentielle : le calcul comparatif entre le régime forfaitaire et l’imposition au barème progressif, souvent supportée par les simulations proposées sur le site officiel des impôts. Dans certains cas précis, une option au barème peut se révéler plus avantageuse financièrement.
Il est important que le contribuable soit vigilant dans cette démarche pour ne pas se tromper dans les cases à cocher ou à remplir, faute de quoi de lourdes corrections ou redressements fiscaux risquent de survenir. L’oubli de déclaration peut également entraîner un paiement double des impôts, augmentant inutilement la charge fiscale.
Les étapes clés de la déclaration
- Réception de l’IFU en début d’année
- Vérification des montants sur l’interface bancaire ou documents personnels
- Accès à la déclaration en ligne ou au formulaire papier
- Remplissage des cases 2TR, 2BH, 2CK et option 2OP si souhaitée
- Soumission de la déclaration avant la date limite
Ce processus éprouvé permet d’éviter les pénalités et de bénéficier d’une imposition conforme aux règles en vigueur.
Comment limiter l’impact fiscal des intérêts perçus sur le Livret Bourso en 2026?
Avec la hausse récente du taux de cotisations sociales portée à 18,6% en 2026 pour les revenus du capital, notamment les intérêts des livrets imposables, maîtriser sa fiscalité devient un enjeu clé, surtout dans un contexte d’augmentation des taux d’intérêt. Plusieurs leviers existent pour limiter l’impact fiscal tout en conservant un rendement optimal sur ce type de placement.
Premièrement, sous conditions de ressources définies par l’administration fiscale (revenu fiscal de référence inférieur à 25 000 euros pour une personne seule, ou 50 000 euros pour un couple), il est possible de demander une dispense de prélèvement fiscal à la source, permettant de réduire l’avance d’impôt. Cela implique de déposer une attestation à la banque avant le 30 novembre de l’année précédant celle des intérêts.
Deuxièmement, l’option d’imposition au barème progressif peut s’avérer intéressante pour les contribuables aux faibles tranches marginales d’imposition, comme démontré dans le tableau des taux. Dans ce cas, ils peuvent également déduire la part déductible de la CSG, allégeant ainsi leur imposition globale.
Troisièmement, diversifier ses placements en intégrant des produits d’épargne fiscalisés ou bénéficiant d’avantages fiscaux, comme le Plan Épargne Retraite (PER) ou l’investissement dans des SCPI adaptées, peut contribuer à optimiser la fiscalité globale du patrimoine. Pour approfondir ce sujet, on peut consulter des contenus spécialisés sur l’investissement en SCPI ou sur les solutions de défiscalisation PER.
Enfin, un suivi régulier de la réglementation fiscale est indispensable, notamment avec les réformes en cours comme la hausse de la CSG ou les modifications annoncées dans la fiscalité immobilière. Ces évolutions auront un impact direct sur le rendement net et la déclaration d’intérêts pour l’ensemble des placements financiers, et pas uniquement pour le Livret Bourso.
Les bons réflexes impliquent ainsi de se tenir informé et, si nécessaire, de solliciter l’aide d’un conseiller financier spécialisé pour une gestion personnalisée de ses revenus de placement afin de maximiser ses revenus nets après impôt.






